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Fabrice Anzemberger

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La passion à l'oeuvre, Rodin et Freud collectionneurs | 10 août 2009

 

La passion à l’œuvre, Rodin et Freud collectionneurs s’est tenu du 15 octobre 2008 au 22 février 2009

 

« L’antique est la vie même. » Auguste Rodin

Le musée Rodin (a organisé) une exposition rassemblant les collections d’antiques de Rodin et

de Freud. La collection de Freud, conservée au Freud Museum de Londres, (a été présentée)

pour la première fois en France. Il (aura s’agit) de mettre en lumière les liens étroits qui

s’établirent entre l’oeuvre des deux hommes et leur passion pour l’antique.

Une passion commune : les dieux antiques

C’est au milieu des années 1890 que Freud à Vienne et Rodin à Paris commencent leur collection.

Dès lors, cette passion ne les lâchera plus. A cette époque, les chantiers de fouilles sont nombreux

et les objets d’art circulent librement, ce qui facilite l’acquisition d’oeuvres et l’enrichissement

permanent des collections. La présence obsédante des statuettes dans le cabinet du psychanalyste

fait écho à la multitude des antiques envahissant progressivement la villa du sculpteur à Meudon.

Rodin, à sa mort en 1917, en laisse plus de 6000 derrière lui ; Freud n’en possède pas moins de

3000 lorsqu’il s’éteint en 1939.

Une collection riche de sens

L’exposition présentera une sélection d’antiques de diverses origines - Egypte, Grèce, Rome -

et mettra en valeur les acquisitions marquantes. Grâce à un prêt exceptionnel du musée

Chiaramonti au Vatican, la Gradiva, inspiratrice de Freud et de toute une lignée d’écrivains et

d’artistes après lui, fera partie des oeuvres présentées. Les deux collections comportent des

similitudes, mais l’essentiel réside dans le rapport à l’antique qu’entretiennent Rodin et Freud.

Pour l’un comme pour l’autre, ces objets sont loin d’être de simples pierres. « Saxa loquuntur »,

disait Freud : ces pierres parlent un langage qui doit être déchiffré, traduit. Les vestiges, les

fragments sont autant d’empreintes d’un passé toujours présent, explorable à souhait. « C’est de

la vraie chair ! », disait Rodin, laissant poindre son adoration pour ses « dieux », ses « trésors ».

De nombreux documents d’époque (lettres, photographies) éclaireront cette relation

profondément originale à l’antique.

La passion à l’oeuvre : les ateliers

La collection devient centrale dans le travail en cours des deux hommes. C’est alors que

l’antique se fond dans la création, donnant naissance à des oeuvres hybrides et mystérieuses. Les

assemblages de Rodin sont l’illustration par excellence de ce processus. Quant à Freud, il

travaille lui aussi sur des assemblages - les associations -, et voit dans la psychanalyse une forme d’archéologie : « Pareil en cela à l’archéologue qui fouille la terre, le psychanalyste doit mettre

au jour, strate après strate, la psyché du malade, afin d’exhumer les trésors enfouis au

tréfonds ». Dans l’exposition, la Gradiva témoigne de l’élaboration des recherches

psychanalytiques de Freud.

Rilke, Lou Andréas-Salomé, Zweig, Marie Bonaparte, Romain Rolland

Autant de personnages célèbres qui font aujourd’hui le lien entre Rodin et Freud. Les deux

collectionneurs, sans jamais s’être rencontrés, fréquentèrent les mêmes cercles, entre Paris et

Vienne, dans cette intelligentsia des années 1900. Seront évoqués, entre autres « passeurs », Rainer

Maria Rilke, qui diffusa le travail de Rodin à Vienne, et Marie Bonaparte, qui introduisit les

recherches de Freud à Paris. L’exposition projette un éclairage nouveau sur ces grandes figures qui

contribuèrent au rayonnement de l’oeuvre de Rodin et de Freud. Le parcours se conclura par une

présentation de la bibliothèque des deux hommes.

 

Commissaire de l’exposition : Bénédicte Garnier

Texte du communiqué de presse du musée Rodin

Publié par Fab.Anzemberger à 14:53:45 dans Evènements 2009 psychanalyse et art | Commentaires (0) |

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